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Lausanne, ville verte est un blog dédié aux amoureux d'espaces verts et de culture. Au fil des articles, je vous emmène en balade virtuelle à la découverte de Lausanne, une des villes les plus vertes d'Europe. Vous trouverez également des recettes du terroir, ainsi que des informations sur la stratégie de développement durable de la ville et bien d'autres surprises.
Prêts?
Mettez vos meilleures chaussures et suivez le guide!
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Journaliste RP, j'exerce mon métier en indépendante. Mes domaines de prédilection sont l'écologie, la faune, la flore, la culture, entre autres. J'entends par ce blog partager ma passion pour la beauté, le calme et la magie de lieux enchanteurs.
Le parc Mon-Repos est certainement un des parcs de Lausanne qui caractérise le mieux le courant de l'art du jardin paysager qui se développa en Europe durant la seconde moitié du
Siècle des Lumières. Lieu propice auxdébats intellectuels et culturels, d'échanges et de savoir, onpeut aisément imaginer voir Voltaire, assis sur les marches de l'amphithéâtre (voir photo ci-dessous), concevoir sa prochaine pièce, ou
Rousseau en promeneur solitaire, faire les cent pas à l'ombre des marronniers, méditant sur sa relation personnelle avec le reste de l'humanité.
Un brin d'histoire... Au départ, le domaine de Mon-Repos était constitué essentiellement de vignes. La première maison fut construite vers 1747 par Abraham Secrétan, qui passa aux mains de
Philippe de Gentis, marquis de Langallerie en 1756. Passionné de théâtre, celui-ci fit aménager une scène située à l'arrière de la maison de maître. Les gradins de l'amphithéâtre ont été
reconstruits sur la base des vestiges découverts lors des fouilles. Après plusieurs séjours à Lausanne, Voltaire apprécie l'amour des arts qui anime ses habitantsainsi
queleur intérêt aux idées nouvelles circulant en Europe.Le 14 décembre
1785,il s'installedans une demeure à Montriond et présenterases pièces de
théâtre Zellig, L'enfant prodigue et Fanimeau domaine de Mon-Repos avec une trouped'amateurs. Vincent Perdonnet (1768-185) devient propriétaire du domaine de Mon-Repos en 1817 et en fit un lieu de retraite, de
progrès et d'expérimentation. Il projette la transformation du jardin qu'il confie à un artiste jardinier de Paris, Monsieur Monsailler père. En 8 ans, le domaine agricole et viticole devient un
remarquable un jardin de style pittoresque à l'anglaise. Il fait importer des plants et des graines des quatre coins du monde, plante de grands hêtres, des magnolias, séquoias, cèdres, ifs, pins,
asperges, melons, figues et aménage de grandes pelouses fleuries. Par la suite, une grande diversité d'éléments tels que des massifs de fleurs, un potager, des serres, une orangerie, des volières,
une cascade et une tour néogothique complétera le chef-d'oeuvre.
La ville de Lausanne achète le domaine en 1910. De 1922 à 1967, la maison Secrétan sert de siège au comité olympique international (CIO), logeant le baron Pierre de Coubertin. Aujourd'hui, elle est
un lieu de réception de la municipalité et héberge la collection Benoist de tapisseries anciennes.
Le parc et ses aménagements ont fait l'objet d'une restauration minutieuse restituant l'esprit d'origine dès 1998.
Un havre de paix en plein coeur de la ville Le parc de Mon-Repos est un lieu atemporel où beauté du paysage et lumière s'unissent pour offrir au visiteur une ambiance surnaturelle. Très vite les bruits de la ville et les stress
s'évanouissent et laissent la part belle à la magie.
Nous sommes ici à l'entrée nord du parc, juste en dessus de la piscine couverte, dans l'allée longeant le Tribunal fédéral.
Descendons le petit chemin qui mène aux volières. Un petit coup d'oeil sur votre gauche et vous verrez un hôte inattendu cachéderrière des haies, à l'ombre d'un feuillu (sculpture sur bois).
Continuons ce chemin et descendons vers la loge du porter du domaine de l'époque.
Ce chemin nous mène au jardin de plaisance situé devant la maison Secrétan.
Le jardin est aménagé à l'anglaise. Le jardin anglais, symbole d'émancipation
Apparu au début du XVIe siècle, le jardin à l'anglaise bouleverse tous les codes de symétrie caractérisant le jardin à la française.
La composition des points de vue répond aux règles de la composition d'un tableau. La recherche est avant tout basée sur l'équilibre des volumes, la variété et l'accord des coloris et des matières
végétales. Conçu par des architecte ou des artistes peintres, le jardin anglais met en valeur un ou plusieurs éléments remarquables comme un arbre rare au feuillage coloré ou au tronc torturé,
comme ici le séquoia géant du parc des terrasses,des bosquets ou des haies, des statues
(vues sur la volière et sur la statue alanguie au nord de la maison Secrétan)
ou un étang (situé à côté des anciennes écuries),
Il peut égalementêtreagrémenté d'un cours d'eau ou d'une cascade (ci-dessous la cascade
de la tour néo-gothique) d'un éboulis ou d'un précipice. La succession des points de vue du jardin à l'anglaise pousse les concepteurs à exploiter les accidents de terrain plutôt que de les corriger. Les reliefs deviennent
alors belvédères, les effondrements, des grottes. Sa végétation, en apparence non domestiquée, donne une impression de naturel. Les formes, les couleurs et la provenance des végétaux sont variés.
La plupart du temps, l'itinéraire n'est pas balisé et laisse ainsi la part belle à la surprise et à la découverte.
Son agencement irrégulier le pare d'une symbolique de liberté qui trouva nécessairement un écho sous la Révolution française. Le refus de symétrie s'apparentait alors à un refus des codes. Il
devint l'emblème d'une émancipation vis-à-vis de la monarchie absolue et de ses représentants.
Revenons aux volières. Une septantaine d'espèces d'oiseaux exotiques, tels que des inséparables, perruches, oies, aras, donnent une touche colorée au parc. Adepte de liberté, je n'ai pas tenu à les
photographier derrière un grillage.
Situées derrières les volières, on trouvera les anciennes écuries. Aujourd'hui les jardiniers de la ville les utilisent pour y stocker leur matériel. (En arrière plan: le tribunal
fédéral) Changeons de décor... Sortonsduparc
(nord), traversonsl'avenue du Tribunal-Fédéral et prenons le petit chemin étroit et sinueux qui monte à sa gauche. Nous
arrivons sur une placette ou trône une rotonde élégamment construite de six colonnes toscanes de molasse, d'un entablement annulaire et d'un toit arrondi en dôme. (Photo: Service des parcs et promenades de la ville de Lausanne)
La tour néogothique Poursuivons notre chemin. Nous entrons dans une dimension qui nous ramène à une toute autre époque, lorsque l'on ne connait pas l'histoire de ce parc: le Moyen Age.
(Projet de tourelle de Mon-Repos, peinture et aquarelle de Bouvier, 1820, Musée Historique de Lausanne) La tour néogothique serait née d'un défi que se seraient lancé trois amis propriétaires, William Haldimand, Vincent Perdonnet et Charles-Sigismond de Cerjat. Le
principe? Construire la plus belle tour en ruine "factice" sur le terrain respectif de chacun des concurrents. Ainsi seraient nées les tours de Mon-Repos, d'Haldimand située à l'extrémité-est du
quai d'Ouchy et celle de Rovéréaz.Selon une étude récente, il semblerait toutefois que ce concours soit relégué au
rayon des légendes urbaines.
Ci-dessus à droite: une vue sur le Tribunal fédéral. Continuons notre chemin et dirigeons-nous vers la sortie. Nous arrivons au pied de la cascade. La végétation y est tellement riche et luxuriante
que nous oublions un instant que nous sommes au centre de la ville. Seuls le panneau électrique tagué et le réverbère sis à la sortie du parc nous le rappellent.
Comment y aller ?
Depuis la gare CFF :
- bus n° 5 en direction d'Epalinges, sortie Place de l'Ours
- M2: sortie Ours Plan